23.04.2009
Izïa. "Un premier cri"
Interview parue le 23 avril 2009 dans la page Musiques du Télégramme
Impossible de réduire Izïa Higelin au rôle de «fille de...». Son premier album confirme ses concerts : à 18 ans, elle est une chanteuse rock époustouflante. Elle joue le 2 mai à Plougonven et le 18 juillet aux Vieilles Charrues de Carhaix.
Votre premier album sort. Que représente-t-il pour vous ?
C'est un premier cri ! Il me tient énormément à coeur parce que je le porte depuis longtemps. Les premiers textes, je les ai écrits quand j'avais 13 ans. C'est vraiment très plaisant de penser qu'il y a peut-être quelqu'un qui l'écoute dans la rue ou dans le métro. On a voulu un album rock, super brut.
On y entend aussi du blues poignant, des nuances soul, jazz, de la rage punk...
Chaque morceau a un style différent. Cela vient aussi des personnes avec lesquelles je travaille. Nous avons des énergies et des idées éclectiques, c'est ça qui est mortel !
Vous êtes auteur-compositeur-interprète, en anglais. Pourquoi ?
Parce que, comme disait John Lennon, «Le rock français, c'est comme le vin anglais» (rires) ! L'anglais est la langue du rock, avec lui, je pourrai m'exporter plus facilement. Et puis je ne me trouve pas encore assez mûre pour écrire des textes en français. En plus, il y aurait forcément des comparaisons avec mon père... J'ai voulu fuir tout ça et créer ma propre identité.
De quoi parlent vos textes ?
Ils sont très autobiographiques. Je parle de moi, de mes sentiments, de l'état dans lequel je suis au moment où j'écris. Il n'y a pas vraiment d'histoire, c'est surtout l'expression du feeling d'un moment.
Jacques Higelin vous conseille-t-il ?
On n'interfère pas dans le travail de chacun. On se dit ce qu'on en pense, mais il essaie de rester à l'écart, il veut me laisser faire mon truc.
Les amateurs de chanson connaissent par coeur votre date de naissance - le 24/9/90 - grâce au morceau de votre père «Ce qui est dit doit être fait». Que ressentez-vous en l'écoutant ?
Ce n'est pas mon préféré (rires). La chanson que j'adore, c'est «Ballade pour Izia» : sept minutes piano-voix, avec des paroles magnifiques !
Votre voix et votre interprétation pourraient évoquer Janis Joplin, PJ Harvey et Patti Smith. Constituent-elles votre sainte Trinité ?
Comme je suis une nana qui envoie de la voix et qui danse sur scène, les premières comparaisons se font forcément avec ces chanteuses-là, qui sont emblématiques. Mais il faut redescendre d'un étage, je ne me mets pas du tout à leur échelle, loin de là ! Patti Smith est celle que j'admire le plus. En concert, elle me fait pleurer. Elle me transcende !
Vous aviez scotché le public du Coatélan de Plougonven lors de vos précédents passages. Quels souvenirs en gardez-vous ?
C'est un de mes meilleurs souvenirs live ! Surtout la deuxième fois : on avait fait un heure de show et enchaîné sur une heure et demie d'impro complète. J'ai hâte d'y retourner mais en même temps le trac parce que j'ai peur de décevoir... J'apporterai ce que je sais faire : du rock (rires) !
Puis vous passerez aux Vieilles Charrues, dont les programmateurs affirment être prêts à miser leur chemise sur vous. Votre réaction ?
Ça m'enchante et ça me met la pression ! Surtout qu'on va jouer juste avant NTM. Ce sera un concert plein de tension. C'est un super honneur.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
15:07 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : izïa, higelin









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