04.06.2009
Didier Squiban. "L'estran"
Interview parue le 4 juin 2009 dans la page Musiques du Télégramme
Fidèle à ses inspirations jazz, classiques et bretonnes, le pianiste Didier Squiban renouvelle sa musique. Des percussions subtiles diffusent un parfum world sur «L'estran», son dernier album.
Trois ans après votre album «La plage», vous sortez «L'estran». Votre inspiration demeure-t-elle maritime ?
Complètement. L'estran, je le vois tous les jours de chez moi. Avec ses changements permanents, la mer demeure une source constante d'inspiration. Même si ça reste subjectif, c'est de la musique ! J'ai pris aussi l'habitude de donner à mes disques le nom du lieu où je les enregistre. Celui-ci l'a été dans la salle de L'Estran à Guidel, dont je suis le parrain. Il s'est fait en partie en public, et toujours dans les conditions du live.
Votre formule en sextet, avec deux percusssionnistes, est hybride. Pourquoi ce choix ?
On trouve régulièrement des formules avec batterie et congas, par exemple, mais je n'ai jamais vu d'association entre tablas et udus comme ici. Ce sont de petites percussions très fines. Je trouve qu'elles sonnent bien avec le piano et la contrebasse.
Il y a aussi la trompette de Geoffroy Tamisier...
Vous avez remarqué le morceau qui s'appelle «L'étale» ? La première note qu'il joue à l'arrivée du thème, on dirait vraiment du Miles Davis ! Miles et Bill Evans seront toujours pour moi de grandes références.
«L'estran» a des parfums world avec ses échappées vers l'Inde, mais aussi bretons, latins, classiques. À quelle famille musicale le rattachez-vous ?
C'est un album de jazz dans l'esprit. Parce que j'amène les thèmes et que je donne des directions. Mais après, chaque musicien apporte son langage et ses couleurs dans un esprit d'ouverture. Le morceau «Danse Pourlet» s'appuie sur un thème traditionnel breton mais part vers des climats latins. De même que «L'estran part II» est une sorte de bossa-nova et que «Par un beau soir» a des côtés samba.
Vous avez découpé l'album en cinq suites. Chacune développe-t-elle un esprit particulier ?
Oui, les ambiances sont complètement différentes. J'ai écrit la suite 2 pour mon fils Armel qui est décédé. L'esprit est forcément différent des autres. Le «Prélude» qui l'ouvre est la première chose que j'ai écrite après sa disparition. Les quatre autres morceaux de cette suite évoluent vers la célébration de la vie, avec notamment «Danse à Ila» que j'ai écrite pour ma petite nièce, adorable, qui a quatre ans. Tout au long de cette suite, on retrouve quatre notes en leitmotiv. Elles reviennent tout le temps, mais sont présentées différemment. Un peu comme dans une sonate !
Cette suite 2 est celle qui a le plus de références classiques.
«Prélude» et «Valse» sont dans l'esprit de Chopin, «Fugue» renvoie à Bach. «Impromptu» pourrait faire référence à Schubert sauf que ça n'a rien à voir avec sa musique. Ce morceau est une improvisation collective à partir de sons de machines.
Quand entendra-t-on ce répertoire en concert ?
Le 9 juillet au festival Kann al Loar de Landerneau. Cet été, je ferai aussi une tournée des chapelles d'une quinzaine de dates. Mais les grandes formules ne sonnent pas dans ce genre de lieux. J'y donnerai des concerts en duo piano-percussions avec en alternance Jean Chevalier et Jérôme Kerihuel, qui jouent sur «L'estran».
Propos recueillis par Frédéric Jambon
«L'estran» de Didier Squiban (L'Oz Production) www.loz-production.com
23:11 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : didier squiban









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