02.07.2009
The Craftmen Club. "On fait du rock'n roll"
Interview parue le 2 juillet 2009 dans la page Musiques du Télégramme
Le rock-folk garage puissant des Guingampais de The Craftmen Club électrise même les Japonais. La rencontre avec Steeve, le chanteur-guitariste et Yann, le batteur du trio, ouvre le cycle de notre série estivale : «Bretagne multisonore».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
STEEVE. On fait du rock'n roll et on vient de Guingamp. Nous avons fondé le trio avec Yann en 2000. Marco est notre bassiste depuis cinq ans. Quand les gens veulent plus de précisions, on se définit comme un groupe de prototype rock'n roll music. Notre premier album date de 2005. Il a été diffusé dans le Grand Ouest. Le 2 février dernier, nous en avons sorti un second, «36 minutes» (NDLR: prononcer à l'anglaise). Il a tout de suite reçu un bel accueil public et critique...
YANN. Cette fois, le disque a bénéficié d'une sortie nationale et nous avons une structure derrière nous. Ça rend l'album beaucoup plus visible. Il nous ouvre d'autres portes dont celles de gros festivals.
Êtes-vous à une période charnière ?
STEEVE. C'est ce qu'on ressent. Le groupe est en voie de professionnalisation. Beaucoup de gens ont l'impression que «36 minutes» est notre premier disque, mais nous, on sait d'où on vient. Ça progresse tranquillement, par paliers.
Votre album balance un rock garage très énergique ouvert au folk et au blues. Comment composez-vous les morceaux ?
YANN. Souvent, Steeve arrive à notre local de Pontrieux avec une idée de chanson, des bribes de paroles en anglais. Il apporte la base de départ, après tout se crée collectivement.
STEEVE. La moitié du disque pourrait être qualifiée de folk speedé. On a toujours aimé mettre un peu de banjo, cela rajoute de la couleur. Nous avons en commun d'écouter tous les trois, entre autres choses, du folk américain. Le fond vient de là. Personnellement, j'apprécie Johnny Cash, Nick Drake, Nick Cave, ce côté folk sombre qui raconte des histoires.
On retrouve le personnage de Gary Blood dans différentes chansons de votre dernier disque. Qui est-ce ?
STEEVE. Quelqu'un dont les parents ont été mystérieusement assassinés... On le retrouve dans trois morceaux, dont celui en français justement intitulé «Gary Blood». Chanter en français est une nouveauté pour vous.
Allez-vous progressivement renoncer à l'anglais ?
STEEVE. Non, parce que c'est la langue du rock. Nos textes sont toujours écrits en anglais: «Gary Blood» est une adaptation française de la première version qu'on a faite. Maintenant, rien n'est fermé, ça peut être bien aussi pour les gens de comprendre les paroles.
Où tournez-vous ?
YANN. On assure la promo du disque un peu partout en France et le mois dernier, on est même allé jouer à Tokyo. Les Japonais sont un super public, au taquet du début à la fin du concert !
The Craftmen Club est réputé pour ses prestations scéniques explosives. Comment vivez-vous vos concerts ?
STEEVE. D'une manière hyper énergique du début à la fin. Lui (montrant Yann), tape sur sa batterie, moi je fais le con devant (rires)! Je vais voir les gens dans la salle, les fais monter sur scène, pour participer à cette folie! On se lâche. C'est un foutoir général, un exutoire pour eux comme pour nous.
Votre clip sur le titre «I Can't Get Around», tourné au Théâtre du Champ au Roy à Guingamp, est édifiant sur l'état dans lequel vous mettez le public !
YANN. Le réalisateur, Henri-Jean Debon, qui vient du cinéma, a fait une super performance en un temps record! On avait lancé un appel pour trouver des figurants. Les 70 personnes du clip sont venues d'aussi loin que Fougères et Rennes. Elles se sont données à fond en enchaînant une vingtaine d'heures de pogo sur deux jours !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
17:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the craftmen club









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