09.07.2009

Merzhin Moon Orchestra. "Sauce latino western"

Blog-MerzhinMoon.gifInterview parue le 9 juillet 2009 dans la page Musiques du Télégramme

Le rock de Merzhin s'accommode à toutes les sauces. Cet été, les Landernéens revisitent leur répertoire dans une version «Moon Orchestra», c'est-à-dire épicée de cuivres et enrobée de diatonique. Ils sont les deuxièmes invités de notre série «Bretagne multisonore».


Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
VINCENT. Merzhin est un groupe de rock breton, originaire de Landerneau. On existe depuis une dizaine d'années. Nous avons trois albums à notre actif, plus un CD-DVD live. Et depuis le mois de juin, le huit titres «Merzhin Moon Orchestra».

Que signifie cet allongement de votre nom ? Est-ce une nouvelle étape dans la vie du groupe ?
VINCENT. Merzhin Moon Orchestra est le nom de la création que nous présentons cet été dans les festivals. Elle est le fruit de notre rencontre avec deux cuivres latinos qui évoluent dans un orchestre de salsa, De la Luna, ainsi qu'un jeune accordéoniste diatonique qui apporte une touche fest-noz et dansante. Ces trois musiciens sont de Landerneau eux aussi. Comme on a beaucoup de dates dans le Grand Ouest, on a joué avec l'idée qu'on se lançait ensemble «à la conquête de l'Ouest».

Avec quel répertoire ?

VINCENT. Des morceaux qu'on peut retrouver dans les précédents albums de Merzhin, mais servis ici avec une sauce latino western. Nous avons créé un spectacle où nous invitons les gens à partir en voyage, en embarquant dans une vieille locomotive américaine. On fait de petites références aux westerns spaghetti qui nous amusaient bien. On retrouve des répliques de films comme «Le bon, la brute et le truand» ou «Mon nom est Personne». Elles apportent un petit côté humoristique qu'on a toujours tenu à cultiver dans Merzhin, en même temps qu'elles servent le propos des chansons.

Interprétez-vous aussi des nouveautés ?
STEPHANE. Oui, deux titres qu'on retrouvera sur le prochain album de Merzhin. On finira de l'enregistrer en septembre prochain à Beauvoir-sur-Mer, en Vendée, avec Matthieu Ballet à la réalisation. On a déjà travaillé ensemble pour «Pieds nus dans la braise». Ça a été une rencontre artistique et humaine très importante pour le groupe. Il nous apporte son recul. Il est devenu en quelque sorte le septième membre de Merzhin.

Comment analysez-vous l'évolution du groupe depuis vos débuts ?
STEPHANE. À la base, on était un groupe de lycéens partageant une même passion pour le rock et la musique bretonne dans ce qu'elle a de festif. On a toujours accordé une place importante au chant en français, même si un titre comme «Les Nains de jardin» était très premier degré, composé dans la rigolade. L'âge aidant, nous sommes plus allés dans le registre de l'émotion, avec des textes plus sombres, plus citoyens. L'énergie festive est toujours là, mais elle s'exprime sûrement d'une autre manière. Et nous avons l'impression que notre public évolue avec nous. Personne n'a été laissé au bord de la route.

Vivre en Bretagne : est-ce un avantage ou un inconvénient pour votre carrière ?
VINCENT. Un avantage ! La région est dynamique, avec une grosse base de concerts, de festivals. La scène bretonne reste très active. Tout cela nous nourrit dans nos compositions.

Propos recueillis par Frédéric Jambon

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