16.07.2009

Gwenaël Kerléo. "Plus festive"

Blog-Kerléo.gifInterview parue le 16 juillet 2009 dans la page Musiques du Télégramme

Les compositions aux reflets celtiques et jazz de Gwenaël Kerléo prennent une coloration plus festive dans son nouvel album, «Pevar». Elle les présente à Carhaix et Quimper au sein de sa formation de huit musiciens. L'artiste aux doigts de fée est la nouvelle invitée de notre série estivale «Bretagne multisonore».


Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?

Je joue à la harpe celtique mes propres compositions. Elles reflètent mon univers intérieur, aux couleurs bretonnes parce que je baigne dans cette culture, mais aussi jazz et autres. J'écoute des musiques variées, je pense qu'il n'y a pas de frontières entre les genres. Une des nouveautés avec mon dernier album, «Pevar», c'est que j'y chante en langue bretonne.

Écrivez-vous les paroles des chansons ?

Non : j'ai mis en musique un poème d'Anjela Duval ainsi qu'un autre de Jakez Riou. J'ai demandé à Charlez An Dreo de mettre des mots sur une de mes compositions et j'ai repris une chanson traditionnelle pour laquelle j'ai créé une nouvelle mélodie.

Votre précédent album, «Yelen», était un disque solo. Vous revenez cette fois dans une formation de huit musiciens. Pourquoi ce changement ?

«Yelen» a été un temps fort pour moi. C'est une oeuvre en trois tableaux pour harpe solo où j'ai pu pousser la composition très loin. Elle m'a permis de tourner à l'étranger : Italie, Hongrie, Russie, Japon... Mais après avoir joué beaucoup en solo, je me suis rendue compte que je m'étais un peu isolée dans ma musique et j'ai ressenti le besoin de nouvelles rencontres musicales.

Sur quels critères avez-vous réuni vos complices de «Pevar» ?

J'ai contacté des artistes bretons de ma génération - ils ont tous entre 25 et 35 ans - possédant un univers musical propre et faisant de la création. Parce que l'idée, c'est l'échange !

En quoi vos nouvelles créations se distinguent-elles des précédentes ?

Elles sont plus festives. Par exemple, je suis accompagnée d'un batteur, ça donne déjà l'esprit ! Les musiques sont colorées de sonorités jazz et l'improvisation garde une place importante. C'est toujours le cas dans ma musique, et dans ce disque encore plus particulièrement. L'idée avec cette formation est de faire des scènes un peu plus grandes que celles où je me produisais habituellement.

Comme les Vieilles Charrues et le Festival de Cornouaille?

Exactement. Ce sont les deux occasions où nous jouerons avec la formation complète. Autrement, on présente l'album également en formule quatuor avec percussions, clarinette, accordéon diatonique et harpe-chant. Elle nous permet de jouer dans des lieux plus intimistes : églises, abbayes...

Vous tournez également en duo ?

Oui, dans Dorn ha Dorn, avec la violoniste d'origine australienne Shane Lestideau, qui participe également à «Pevar». C'est surtout axé sur le chant. Elle chante en anglais et moi en breton, nous mêlons parfois nos deux voix. C'est un duo féminin pour donner des petits concerts acoustiques dans les chapelles. Là aussi ce sont des compos.

Vous jouez avec une nouvelle harpe. Pourriez-vous la présenter ?

C'est une harpe de haute technologie, en fibres de carbone. Elle est toute légère puisqu'elle ne pèse que cinq kilos. Cela me permet de la porter contre moi avec une sangle. C'est très agréable pour jouer et faire de la scène avec beaucoup de musiciens. J'en suis très contente !

Propos recueillis par Frédéric Jambon

Écrire un commentaire