13.08.2009
Rotor Jambreks. Le blues des champs de colza
Interview parue le 13 août 2009 dans la page Musiques du Télégramme
Man in black du Tennessee breton, Rotor Jambreks est un homme-orchestre. Ses compos en anglais, gorgées de rock'n roll et de soul, sont aussi irrésistibles que son joyeux personnage. Il est le nouvel invité de notre série d'été «Bretagne multisonore».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je suis un homme-orchestre, actuellement installé du côté de Lorient, originellement du Tennessee breton. Ma famille, - des saltimbanques émigrés d'Europe centrale, d'après la légende -, aurait posé ses roulottes il y a trois générations dans ce Tennessee breton. C'est un pays situé à l'est de Landerneau, - sa capitale -, où l'on trouve vallons et champs de colza. Parce que si le blues est né dans les champs de coton, ma musique à moi vient des champs de colza !
Vos compositions diffusent de multiples saveurs rock, soul et pop. Quelle serait votre filiation musicale rêvée ?
Il me faudrait une grande famille! Avec forcément d'abord Elvis et Ottis Redding. Après, plutôt que des noms, ce sont des genres qui nourrissent mes chansons : rock'n roll, soul, pop anglaise des sixties, groupes à l'esprit garage, une pop plus récente aussi comme celle de TheCorals, et puis Calexico, pour le côté Mariachis. Voilà tout ce que j'aime bien. Après, ça ressort plus ou moins digéré. Enfin, j'espère plus que moins !
Pourquoi avez-vous choisi d'être un homme-orchestre ?
J'ai d'abord joué dans des groupes. J'ai été un an et demi bassiste de Craftmen Club avant de faire un break en 2004. Je me suis lancé deux ans plus tard dans la formule one-man-band, principalement pour pouvoir être très réactif. Elle me permet de me déplacer n'importe où, n'importe quand, sur un claquement de doigts. Et de jouer n'importe où : bars, grandes salles, zones publiques... Partout. Et finalement, c'est marrant d'avoir la gloire pour soi tout seul ! Je dis la gloire, parce que pour l'instant on ne va pas encore trop penser à l'argent... Et enfin la gloire... En tout cas, ça permet d'être seul au front si on réussit à survivre. Et pour l'instant, ça se passe plutôt pas mal. Pourquoi parlez-vous anglais au public, où que vous soyez ? Parce que j'ai grandi dans cette culture propre au Tennessee et que je crois qu'il faut faire tomber les barrières (rires) ! Mais je fais un effort pour ne pas raconter trop de conneries !
Pourriez-vous nous parler de l'International Tambourine Contest, l'un des temps forts de vos concerts ?
Il s'agit d'un concours de tambourins entre deux spectateurs qui montent m'accompagner sur un morceau. Le public vote à l'applaudimètre. Souvent, ce sont des candidates, mais il arrive que l'épreuve se transforme en «Tambourins de la tentation» si c'est un vrai couple qui me rejoint sur scène. Mais on sait que c'est dans les épreuves que l'amour grandit, et, jusqu'à maintenant, il a survécu à chaque fois !
Votre formule est-elle appelée à évoluer ?
Oui, dans les prochains mois. Parce que, si c'est très bien d'être tout seul pour la gloire, l'argent, les filles, comme déjà dit tout à l'heure, c'est bien aussi d'essayer autre chose. En fin d'année, je vais concrétiser un projet de groupe, en résidence à La Carène de Brest. Ça va s'appeller Rotor Deluxe. Je resterai toujours avec ma guitare et mes pédales pour commander grosse claire et caisse claire, mais je serai cette fois accompagné d'une choriste-tambouriniste, d'un bassiste et d'une section de cuivres. Ce qui va donner un terrain de jeu bien plus grand pour faire de belles bêtises et bien se marrer !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
22:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rotor jambreks









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