09.10.2009

Renan Luce. "Le clan des miros"

Parution le 9 octobre 2009 en dernière page du Télégramme

blog-LuceClanMiros.gifRévélation de la chanson française avec «Repenti», le Morlaisien Renan Luce sort son deuxième album aujourd'hui. Avec ses histoires à rebondissements, ses blagues de garnement et ses portraits touchants, «Le clan des miros» est bien le disque de la confirmation attendu.


Discrètement sorti en 2006, l'opus de Renan Luce «Repenti» a d'abord été élu meilleur premier album au Grand Prix du Disque du Télégramme. Petit à petit, les chansons malicieusement troussées du Morlaisien se sont emparées des ondes, tandis que ses tournées le menaient dans des salles de plus en plus grandes. Aujourd'hui, ses succès «La lettre» ou «Les voisines» ont déjà pris des allures de classique. Deux Victoires de la Musique ont accompagné l'artiste dans une ascension défiant les lois du marché. Avec ses 750.000 exemplaires vendus, «Repenti» fait à la crise du disque un pied de nez que le petit Nicolas trouverait très chouette.

Un véritable road-movie

Son successeur, «Le clan des miros», est cette fois très attendu. Il sera dès aujourd'hui dans les bacs. Cet été, Renan Luce avait dépêché «La fille de la bande» en éclaireuse: une de ces chansons en cinémascope où le Breton conte une histoire à rebondissements, entre amour et polar.

Les treize morceaux du nouvel album recèlent d'autres récits à suspense, dont «Nantes», véritable road-movie. «L'histoire est venue d'une mélodie que je jouais à la guitare, rapporte Renan Luce. Je me suis laissé guider par les images de mouvements que me suggérait la musique».

L'auteur-compositeur-interprète de 29 ans a abordé son second disque par sa face musicale. «J'avais envie de quelque chose de très acoustique et chaleureux, même s'il y a des morceaux énergiques, confie-t-il. Dès que j'ai commencé l'écriture de nouvelles chansons, on se faisait tous les mois une semaine de studio avec le groupe, à la recherche de ces couleurs de son».

Des états d'âme

Parmi les autres morceaux du «clan des miros», il y a ceux qu'on qualifierait volontiers de chansons de garnement: «On n'est pas à une bêtise près», bien sûr, le générique du film «Le petit Nicolas», mais aussi «Les gens sont fous» et «Rue de l'oiseau-lyre». Renan Luce n'en disconvient pas: «C'est mon tempérament de rester un petit peu ancré dans les souvenirs de l'enfance, son insouciance, son imaginaire. En grandissant, on doit faire le deuil de s'inventer une histoire à laquelle on croit totalement. Moi, j'essaie de retrouver cet état d'esprit avec une feuille, un stylo et ma guitare».

Le chanteur taquine l'humour noir avec ses deux versions de «Grand-père». Dans «Ridicule», «Aux timides anonymes» et la chanson qui a donné son nom à l'album, il se fait (auto)portraitiste piquant. «J'ai eu envie d'aborder le registre de l'intime, d'exprimer des choses plus personnelles, des états d'âme. La chanson "Le clan des miros" parle de moi, mais j'espère aussi que d'autres se retrouveront dans cette espèce de non-clairvoyance sur les événements et les rencontres que l'on peut faire. On se sent un peu ballotté. Maintenant, c'est aussi le fait de se cogner dans ce qu'on ne voit pas arriver qui rend la vie intéressante».

La chanson qui clôt l'album renvoie à l'une de ses plus heureuses rencontres: celle de Lolita Séchan, fille du chanteur Renaud, qu'il a épousée cet été. Pas à Saint-Jean-du-Doigt (29) comme l'avait annoncé la presse people. «C'était une info étrange, commente sobrement Renan Luce. Je me suis bien marié, mais à Paris».

L'ultime titre du disque s'appelle «Femme à lunettes». Une bonne façon «de finir sur un clin d'oeil», s'amuse l'artiste.

Frédéric Jambon

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