02.12.2009
Daniel Prévost. "Je suis protéiforme"
Interview parue le 2 décembre 2009 dans Le Télégramme
Acteur et humoriste, Daniel Prévost est une figure très populaire du petit et du grand écran, où il sait se montrer aussi inquiétant que désopilant. Artiste polymorphe, il est aussi l'auteur de livres et de one-man-shows où son sens de la dérision et de l'absurde font merveille. Il sait accorder une place à des compositions plus ancrées dans l'Histoire. Comme dans son dernier spectacle, «Federico, l'Espagne et moi», où il rend un hommage musical au poète espagnol Garcia Lorca. Il le présente dimanche, près de Lorient, à l'Océanis de Ploemeur.
Dimanche, vous allez présenter le spectacle «Federico, l'Espagne et moi» à l'Océanis de Ploemeur. En quoi consiste-t-il ?
C'est une pièce musicale pour un comédien, autour du poète espagnol Fédérico Garcia Lorca, avec un texte que j'ai écrit, des poèmes de Federico et des chansons concernant son époque (Garcia Lorca est mort en 1936, ndlr). Attention, je ne dis pas que ce sont des chansons de Federico ! Sur les trois ou quatre, il n'y en a qu'une de lui.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de monter ce spectacle ?
C'est un rêve qui me tenait à coeur depuis très longtemps. Parce que j'ai rencontré beaucoup d'Espagnols, qui étaient des réfugiés de la guerre d'Espagne de 1936. Et on ne peut pas parler d'Espagne sans parler de Federico Garcia Lorca. C'est un immense poète, presqu'un mythe de nos jours. Il me touche depuis que j'ai fait la rencontre de sa poésie lorsque j'avais quinze ou seize ans.
Elle vous a toujours accompagné depuis ?
Sa poésie, et l'Espagne aussi. Dans un contexte un peu particulier que je raconte dans le spectacle.
Il y a donc une partie autobiographique ?
Oui, c'est très bien vu ! Bien dit ! Vous allez avoir de l'augmentation à la fin du mois ! Votre fiche de paye va gonfler : vous pourrez acheter du poisson frais (mort de rire).
C'est une bonne nouvelle. Sinon, qui vous accompagne en scène ?
J'ai deux musiciens, des guitaristes flamenco, une femme, Sandra Derlon, et un homme Karim Kaïssa.
Chantent-ils ?
Non, c'est moi qui chante. En espagnol. Mais, non, je ne danse pas.
Quand avez-vous créé ce spectacle ?
À Avignon en 2008, où je l'ai joué au Théâtre du chien qui fume. Ensuite, je l'ai repris au studio des Champs-Élysées à Paris en février-mars de cette année. Et maintentant, c'est la tournée.
Vous êtes perçu comme une personnalité ludique, comique, capable aussi d'être tragique. Quelle image donnez-vous de vous-même dans cette oeuvre ?
C'est le public qui fabrique l'image, ce n'est pas moi. Mais les gens savent que je suis protéiforme. Vous avez vu les téléfilms que j'ai joués ? Vous avez vu Monsieur Joseph, vous avez vu Bousquet, j'espère ! À partir de là, vous savez parfaitement que je n'ai pas qu'une seule couleur dans ma vie d'artiste.
Vous êtes un artiste à 360 degrés ?
Voilà, vous connaissez tout de moi.
Tous les degrés vous plaisent-ils où y a-t-il des zones vous vous sentez mieux ?
Toute oeuvre de création me convient à partir du moment où c'est moi qui la crée. Sinon, je pars en courant (rires) !
Avez-vous d'autres créations sur le feu ? Par exemple, rédigez-vous de nouvelles «Pensées» ?
Exactement : elles sortiront aux éditions du Cherche-Midi, en janvier, je crois.
Pourriez-vous nous en confier une en avant-première ?
Non, non et non ! Je n'ai rien à vous dire là-dessus! On est en train de parler du spectacle de «Federico», alors ne mélangeons pas les genres (il s'esclaffe) !
On peut alors peut-être quand même aborder vos tournages. Dans quel film vous verra-t-on prochainement ?
Il vient d'y avoir «Le petit Nicolas» et «Lucky Luke». Et j'ai tourné en juillet-août le film de Pascal Rabaté qui s'appelle «Les petits ruisseaux». Avec Bulle Ogier et Hélène Vincent.
Quel personnage y jouez-vous ?
Ah, ça, je ne vous en raconterai pas plus ! Ça suffira largement.
Alors dites-nous ce qui attend le public à Ploemeur avec «Federico». Va-t-il rire, pleurer, être ému ?
Il sera content ! Et il va faire les deux, rigoler et être É-MU. Parce que s'il y a de l'émotion, c'est bien aussi, non ?
Vous avez trouvé des passages rigolos dans l'oeuvre de Garcia Lorca ?
Si le public rit, c'est à cause des deux ou trois boutades que je peux lancer, ces moments où les spectateurs retrouvent Daniel, - vous voyez ce que je veux dire. C'est un peu un spectacle sur ma vie, je fais rire aussi à travers les choses que je raconte. De toute façon, il faut rigoler dans la vie ! Mais, sans plaisanter, c'est un très beau spectacle. Essayez de rédiger ça correctement, que je ne vous engueule pas (mort de rire) !
En fait, je note vos réponses à mes questions.
Ça tombe très bien. Alors vous noterez, surtout, qu'aux questions qui ne m'ont pas plu, je vous ai dit : «Je ne répondrai pas à cette question». Sinon tout va bien, et à la prochaine !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
Repères
Naissance. Le 20 octobre 1939 à Garches (92).
Télévision. Chroniqueur décapant dans "Le Petit Rapporteur" (1975/1976) de Jacques Martin, sketches dans "Merci Bernard" (1980), acteur dans des séries et téléfilms.
Cinéma. 75 longs-métrages dont "Uranus" (1990), "Le dîner de cons" (1998), "La vérité si je mens 2 !" (2000), "Musée haut, musée bas" (2008).
One-man-show. "Venez nombreux" (1979), "Déconnage immédiat" (1991), "Etre ou ne pas être Daniel Prévost" (2005).
Bibliographie. Daniel Prévost est l'auteur de "Coco belles nattes" (1986), "Un couple de notre temps" (2000), "Eloge du moi" (2001), "Les Pensées" (2003), "Lettres d'adieu" (2005)...
22:43 Publié dans Musique,humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel prévost









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