25.03.2010

Red Cardell. "Soleil blanc"

Chronique parue le 25 mars 2010 dans la page Musiques du Télégramme

blog-redcardellsoleilblanc.gifLe douzième album de RedCardell sort demain. «Soleil blanc» évoque les voyages et l'exil dans des climats country, latins, rockabilly...


Après deux albums où il revisitait son répertoire en compagnie d'une belle bande d'invités («Le banquet de cristal» et le live «La fête au village»), RedCardell livrera demain un nouvel opus de création. Douzième CD en dix-huit ans du fécond trio quimpérois, le nouveau-né s'appelle «Soleil blanc». Stéphane Mellino (Négresses Vertes) à la réalisation et Clive Martin (Queen, David Byrne, Négresses Vertes...) aux enregistrement et mixage y ont apporté leur contribution. Dans «Naître», lauréat 2006 du Grand Prix du Disque du Télégramme, RedCardell traitait du thème de la transmission. Cette fois, Jean-Pierre Riou (guitare, chant), Jean-Michel Moal (accordéon) et Manu Masko (batterie, percus) ont choisi d'évoquer le voyage et la migration en quête d'un ailleurs rêvé meilleur, à travers douze chansons en français. L'album démarre en trombe sur un inattendu rockabilly, «Robert Johnson». Jean-Pierre Riou prend des intonations de rockeur pour chanter l'histoire du bluesman de légende. Son texte est ciselé, comme du reste toutes les paroles d'un album remarquablement écrit avec ses images fortes, poétiques, sensibles et évocatrices.


Section de cuivres

«"Soleil blanc" est d'abord un album de chansons, indique l'auteur-interprète. Les mélodies que joue Jean-Michel restent bien sûr importantes, mais l'accent a cette fois plus été mis sur les mots». Au fil des morceaux, sa façon de chanter fait penser à celles de Lavilliers, Brel, Trenet ou Renaud, tout en gardant son identité propre. Sa voix est l'une des caractéristiques du son RedCardell, comme la pêche omniprésente du groupe, jusque dans la mélancolie, et la virtuosité multicolore de l'accordéon. Une section de cuivres donne encore du volume à l'ensemble sur sept morceaux de «Soleil blanc». Elle souligne l'ambiance New-Orleans de l'entraînant «Si je cale je coule» («construit sur la base d'une gavotte», précise Jean-Pierre Riou). Trompettes, sax et trombone s'éclatent autant dans les humeurs latines de «Monsieur» et «Doryphore», dont la chaleur du climat contraste avec la gravité du propos. «Dandy», portrait d'un joueur de poker, et «Comme une pierre qui roule», bijou de chanson aux références dylanesques revendiquées, se développent sur de la country. «Surfin», abordant les douleurs de l'exil, se pare de couleurs orientales. Retour en France avec «Le comptoir», refuge d'un taiseux, à l'atmosphère de chanson réaliste, ainsi qu'avec une «Valse des Apaches» fleurant bon Ménilmontant. «Soleil blanc» sera-t-il enfin l'album de la reconnaissance nationale pour RedCardell ? Si ce n'était qu'une question de talent, la réponse serait oui, évidemment.

Frédéric Jambon

 

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