01.04.2010
Alain Souchon est chanteur
Parution le 1er avril 2010 dans la page "Musiques" du Télégramme
De «J'ai dix ans» à «Écoutez d'où ma peine vient», Alain Souchon interprète 24 chansons dans son double live à paraître lundi : «Alain Souchon est chanteur». Embarquement dans un univers pas dupe, où humour, finesse et chaleur humaine réconfortent.
Avez-vous donné ce titre à votre album live parce que c'est sur scène où vous vous sentez vraiment chanteur ?
Oui, parce qu'autrement, pas tellement... Chez moi, je griffonne des bouts de papier, je joue de la guitare, je cherche des idées, dans le passé, dans ce que j'observe autour de moi, mais je n'ai pas du tout l'impression d'être chanteur. Par contre, le devenir en allant sur scène, ça m'amuse. J'aime bien ça.
Vous n'aviez plus sorti d'album en public depuis huit ans. Qu'est-ce qu'un live représente pour vous ?
Un souvenir, une étape de ma vie. Il me rappellera cette tournée qui m'a beaucoup plu. Je l'ai faite avec des musiciens différents, hormis Michel-Yves Kochmann qui joue de la guitare et avec qui je travaille depuis 25 ans. Les autres composent le groupe Albert. Ils ont 30 ans : ce sont des jeunes pour moi, la génération d'avant. Et j'aime les mélanges. Leur jeu est plus sophistiqué, plus raffiné qu'à l'époque où j'avais 30 ans.
Comment avez-vous composé votre tour de chant ?
J'ai la chance d'avoir le choix, à mon âge (rires). Je cherche des chansons d'après les thèmes. J'ai mis ensemble des chansons plutôt de société, puis ensuite d'amour, et enfin des tubes, des morceaux que les gens aiment. Je ne peux pas faire autrement que chanter «Foule sentimentale» ! Mais j'essaie de doser, de glisser aussi des chansons moins connues.
Comme «Petit tas tombé»?
Par exemple. Je l'aime beaucoup et suis heureux que les gens l'entendent. Même si elle aborde un sujet grave : les gens qui vivent dans la rue. Mais elle le traite d'une manière à peu près digne, enfin, pas trop racoleuse.
Est-ce par malice que vous enchaînez avec «Parachute doré» ?
Voilà (grand éclat de rire) ! À la fin du deuxième CD vous n'avez plus qu'à lancer un mot, une syllabe, et le public déroule la chanson que ce soit «Quand je serai KO» ou «Foule sentimentale».
Est-ce le bonheur pour un artiste lorsque les gens s'approprient à ce point ses chansons ?
Bien sûr que ça fait plaisir. Dans le répertoire de tous les chanteurs, il y a quelques chansons qui se sont envolées plus loin qu'ils ne le pensaient. Comme «Allo maman bobo», «Y'a d'la rumba dans l'air», «La ballade de Jim» ou «Foule sentimentale» pour moi. Elles ne vous appartiennent plus à la fin.
Dimanche 18 juillet, vous chanterez aux Vieilles Charrues à Carhaix. Depuis quand n'aviez-vous plus fait de festival ?
Depuis longtemps... Parce que j'aime la magie des salles, des silences, des lumières dans le noir. Puisque j'ai la chance d'avoir le choix, j'ai opté pour les tournées d'hiver en me disant que dans les festivals, on perdait cette magie, que ça pouvait être limite kermesse, et que ça me faisait peur. Mais tout le monde m'a dit que j'étais dingue de penser ça. Laurent Voulzy, Étienne Daho, qui y ont été, m'ont dit, les Vieilles Charrues, c'est merveilleux ! Alors, je suis content d'y aller. Surtout que j'adore la Bretagne !
Y reprendrez-vous les chansons de votre album live ?
Il y aura des chansons de mon dernier album, comme «Les saisons». Je vais aussi en remplacer quelques autres. Par exemple, je vais chanter «Le bagad de Lann-Bihoué» !
«Alain Souchon est chanteur » (Virgin)
- Propos recueillis par Frédéric Jambon
19:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alain souchon









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