08.04.2010

Merzhin. "Plus loin vers l'ouest"

Chronique parue le 8 avril 2010 dans Le Télégramme

 blog-merzhin.gifLe nouveau Merzhin est sorti lundi. Cap «Plus loin vers l'ouest» avec les rockeurs landernéens.


«Qu'importe ce qu'on y trouve, seul compte le chemin», chante Pierre dans «Plus loin vers l'ouest», le morceau qui a donné son titre au nouvel opus de Merzhin. Dans son quatrième album-studio, le groupe landernéen présente treize chansons rock, allant de la ballade folk «Train de nuit» (premier extrait sur les radios), aux brûlots alternatifs, qui sont aussi sa marque de fabrique : «Commedia des ratés», «Sweet guerilla», «Duel». «Liberté» fait également partie de ces morceaux pyromanes : on imagine tout de suite le public sautant le poing levé. «"Liberté" est une chanson plutôt révolutionnaire, un peu mystique, qui se rapproche par son thème de "Plus loin vers l'ouest", précise Pierre. Le refrain envoie bien. C'est pour ça qu'on l'a choisie pour conclure nos sets». Le nouvel album balaie d'autres horizons. «Cavaliero» a des parfums d'Orient. «Il est dédié au trader fou Jérôme Kerviel», s'amuse le chanteur. «Amarillo Slim» dresse un autre portrait : celui d'un joueur de poker légendaire aux États-Unis. Il abat ses cartes sur un country-folk-rock nerveux.


Richesse de couleurs

Dans «Cobaye», Merzhin reprend un de ses thèmes récurrents, la télé-réalité. «C'est affligeant de voir jusqu'où quelqu'un est capable d'aller pour passer à la télé», peste Pierre. Sans perdre son âme, grâce à un son et une énergie toujours clairement identifiables, Merzhin s'éloigne désormais du rock celtique. Ludo ne joue de bombarde que sur «Cavaliero», et encore, en filigrane. Il élargit les horizons du groupe avec ses autres instruments à vent : saxophones, clarinette, mélodica... C'est également lui qui joue des claviers. Même richesse de couleurs du côté des guitares. Elles vont de l'acoustique au saturé en passant par un son vintage. On retrouve ici la griffe de Matthieu Ballet. Comme en 2006 avec «Pieds nus sur la braise», il est le réalisateur du nouvel album de Merzhin. «Matthieu est devenu le septième homme du groupe», se réjouit Pierre. Un groupe qui, quatorze ans et 500 concerts après ses débuts, poursuit son chemin en toute indépendance, depuis l'arrêt de la collaboration avec Sony. «Cela représente beaucoup plus de travail parce qu'il nous faut tout maîtriser», constate Pierre. Mais la situation a aussi permis à Merzhin de prendre son temps. Et de livrer, au terme d'un an de travail, son album le plus abouti.

Frédéric Jambon

 

Écrire un commentaire