06.05.2010
Jacky Molard Quartet et Foune Diarra Trio. «N'Diale»
Article paru le 6 mai 2010 dans la page Musiques du Télégramme
Le Jacky Molard Quartet et le Foune Diarra Trio présentent un album exaltant sur le label Innacor. Le fruit de leur union entre la Bretagne et le Mali s'intitule «N'Diale»: «Joie».
Artiste-clé dans l'évolution de la musique bretonne depuis une trentaine d'années, le violoniste Jacky Molard poursuit ses explorations. Avec le quartet qui porte son nom, il avait déjà effectué de fructueuses incursions dans les musiques celtiques, balkaniques, jazz et improvisées. L'album «N'Diale», sorti lundi chez Innacor, s'ouvre cette fois au continent noir.
«Depuis longtemps, j'avais envie d'aller à la rencontre de la musique africaine, mais je ne savais pas comment m'y prendre. La cohésion de mon quartet, aussi soudé qu'un quatuor classique, m'a donné l'énergie de tenter l'aventure».
Avec ses partenaires, Hélène Labarrière (contrebasse), Janick Martin (accordéon diatonique) et Yannick Jory (saxophones), il a mis le cap en avril2009 sur Bamako, au Mali. Sous les recommandations de Philippe Conrath, le directeur du festival Africolor, les Bretons y ont rencontré Alhassane Sissoko (djembé), Kassim Sidibé (chant et kamele n'goni, - «une sorte de kora en plus rythmique», explique Jacky Molard), et Foune Diarra. Célèbre danseuse dans son pays, elle révèle dans l'album de tout aussi extraordinaires talents de chanteuse.
Les premiers échanges musicaux bretons-maliens ont convaincu les sept de la pertinence de leur fusion. «Dès le début, nous nous sommes trouvés, un son de groupe est apparu, qui n'était pas l'addition d'un quartet et d'un trio mais bien celui d'une entité propre», se réjouit Jacky Molard.
Groove imparable
Enregistré cet hiver au cours de leur quatrième rencontre, cette fois à Langonnet, en centre-Bretagne, l'album «N'Diale» est l'illustration la plus éloquente de son propos.
Les neuf morceaux font honneur au titre du disque, qui se traduit par «Joie». Dès le premier morceau «Kelemagny», on entre dans le vif du sujet: chant rayonnant et entraînant, groove imparable dans lequel une mélodie bretonne relevée d'accents balkaniques et jazz se fond le plus naturellement du monde.
La plupart des morceaux sont des compositions des Maliens. «Cela semblait plus facile, pour commencer, que ce soit à nous de nous glisser dans leurs modes musicaux. Mais nos amis sont aussi très à l'écoute», rapporte Jacky Molard.
Les connaisseurs souriront de reconnaître une jig, un rond de Saint-Vincent ou un kas ha bar fraternisant avec les polyrythmies africaines, un chant bambara ou mandingue. Lorsque Kassim Sidibé devient à son tour chanteur, tout le caractère de l'Afrique résonne dans sa voix de brousse.
L'humeur générale de l'album est vive et enjouée. Même une complainte comme «Na Folo» ne résiste pas longtemps aux appels de la danse et de la transe. Le disque s'achève toutefois sur un morceau doux et rêveur, «N'Toley», où l'alto joué en pizzicato de Jacky Molard sonne comme un n'goni... Un superbe exemple de fusion réussie, qui promet des bonheurs intenses en concert. Deux sont programmés en fin de semaine. «N'Diale» sera ensuite à l'affiche des plus gros festivals d'été: Vieilles Charrues à Carhaix, Jazz à Vannes, Bout du Monde à Crozon, Interceltique à Lorient....
Frédéric Jambon
16:43 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jacky molard quartet et foune diarra trio









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