13.05.2010

Les Ramoneurs de Menhirs. "Amzer an Dispac'h !"

Chronique parue le 13 mai 2010 dans la page Musiques du Télégramme

blog-ramoneurs.gifLes Ramoneurs de Menhirs présentent leur deuxième album, «Amzer an Dispac'h!», toujours entre danses bretonnes et pogo.


«En trois ans, un rapport très fort s'est établi avec le public. Cela montre que Les Ramoneurs de Menhirs ont trouvé leur place dans la culture bretonne», apprécie Loran Béru. Emblème de la scène punk alternative avec son groupe Bérurier Noir dans les années 80, le musicien a uni sa guitare saturée et sa boîte à rythmes aux biniou-bombarde des sonneurs Richard et Éric, ainsi qu'à la voix du bretonnant Maurice. De festoù-noz en festivals, l'improbable quartet s'est taillé une réputation d'enfer, soulevant danseurs de gavotte et de pogo dans une même vague festive. «J'en suis à ma 34e année de scène, compte Loran, et je suis ravi de constater qu'on tient un rôle de barde. Parce que pour moi, le barde est celui qui fédère la tribu, qui brise les murs en réunissant les gens». Irrésistiblement péchue, la musique des Ramoneurs de Menhirs se met aussi au service d'idées. Ce n'est pas pour rien que le nouvel album s'intitule «Amzer an Dispac'h ! », «Le temps de la révolte! ». «Le rock et les traditions bretonnes ont en commun de prêcher un esprit d'insoumission, affirme Loran. Le titre du disque appelle à une prise de conscience planétaire. Si on ne règle pas au plus vite l'inadmissible répartition actuelle des richesses, on va dans le mur. Et c'est maintenant et tous ensemble, ou jamais, parce qu'après, il sera trop tard !».


Louise Ebrel, Gilles Servat

C'est aussi le thème que développe, sur un laridé, le premier morceau de l'album : «Unnek gwezh». Avant d'appeler à la «Breizhistans» dans le onzième et dernier titre, les Ramoneurs enchaînent trad' bretons et brûlots rock, aussi pointus dans un genre que dans l'autre, avec en prime le pigment de leurs couleurs mélangées. Comme sur le premier CD des Ramoneurs, «Dañs An Diaoul», Louise Ebrel (elle sort également son propre album, lire ci-contre) chante ici une suite montagne, «Tamm kreiz». «Ça dépote sévère», fait remarquer Loran. Gilles Servat apparaît également. Il participe à la version très «bérurière» de sa célèbre «Blanche Hermine». Autre reprises, «If the kids are united», de Sham 69, que les punks redécouvriront ici à la sauce biniou-bombarde. À la liste des invités du disque, il faut encore ajouter les Mangeouses d'Oreilles («Marijanig»), chanteuses du Pays Gallo, et les Amérindiens de Blackfire. «Eux-mêmes ne s'appellent pas des Navajos mais des Denes, précise Loran. En mélangeant leur musique traditionnelle au rock, ils ont une démarche similaire à la nôtre. Symboliquement, nous avons choisi de chanter avec eux un morceau de soutien à Léonard Peltier, le plus vieux prisonnier politique du monde, sur un hanter-dro très ancien».

Frédéric Jambon

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