01.07.2010

Arvest. "Tri Diaoul"

Chronique parue le 1er juillet 2010 dans la page Musiques du Télégramme

blog-arvest.gifArvest fête ses dix ans vendredi et samedi à Riantec. Le groupe de fest-noz à la formule originale y présentera son nouvel album : «Tri diaoul».


«On a toujours mis trois ans entre chaque album. On compose beaucoup de morceaux et on en teste en fest-noz pour voir s'ils plaisent aux danseurs. Lorsque ce n'est pas le cas, on jette.» Comme les trois autres membres d'Arvest, Yann Raoul donne priorité à la danse. Ce qui n'a pas empêché son groupe d'offrir une approche innovante de la musique bretonne.


L'humour en plus

Au départ, il y a dix ans, le quartet morbihannais s'appuyait sur deux chanteurs de kan ha diskan, Yann Raoul et Yves Jégo, aux voix modernes et complémentaires, étonnamment «pop». Un duo de guitaristes les accompagnait. En 2007, un des instrumentistes a arrêté l'aventure. Le pianiste Aymerick Le Martelot lui a succédé, enrichissant d'autres couleurs, parfois jazzy, la palette sonore d'Arvest. Même originalité côté textes. Comme les précédents, «Distaol bras» et «Fantazi», le tout nouvel album, «Tri diaoul», s'inspire de l'actualité. Il offre une vision rebelle et désabusée de notre monde, mais pas désespérée, l'humour prenant le dessus. Un humour qui caractérise encore les mignons diablotins de la pochette. Ils se déchaînent dans le livret où ils illustrent les paroles. «Tri diaoul», la chanson qui ouvre le nouvel opus auquel elle a donné son titre, est le seul traditionnel parmi les onze morceaux. «Je le chantais déjà dans une forme assez proche du temps où je jouais dans Anjel I.K., précise Yann Raoul. Yves l'interprétait aussi avec son groupe Int. C'est un traditionnel bien connu et apprécié dans le Morbihan.» L'histoire se chante sur un Pach Pi apprécié des danseurs. Laridé 6 temps, suite gavotte, valse, hanter dro... les attendent au fil du disque. Une bourrée également, seule composition instrumentale de l'album. «Ce n'est pas une danse bretonne, mais le public de fest-noz en est friand», justifie Yann Raoul. Tous les autres morceaux sont des chants à répondre, en breton, exceptés deux en français : un rond de Saint-Vincent («En bonne intelligence») et un pilé menu («Une sombre histoire», bien sanglante). Les deux chanteurs sont les auteurs des textes. Ils les créent ensemble. «Un lance une idée, confie Yann Raoul. Chacun propose des phrases. Puis on mélange et on élague, avec le souci de garder une cohérence.» Un kan ha diskan version écriture en quelque sorte.


Concert et fest-noz

En dix années d'existence, à raison d'une soixantaine de dates par an, Arvest a sympathisé avec beaucoup de formations bretonnes. Il en a invité une vingtaine à l'aider à souffler ses dix bougies vendredi et samedi à Riantec (près de Lorient). La première journée sera consacrée aux concerts (à 21 h, parc de Kerdurand, 6 €, 02.97.33.53.40), la seconde au fest-noz (lire le programme par ailleurs). Parmi les groupes à l'affiche, on retrouvera alors les Sonerien Du, «qu'on côtoyait bien avant d'avoir fondéArvest», rapporte Yann Raoul, ainsi que Les Ramoneurs de Menhirs. «Ils redonnent un élan au fest-noz en y attirant un nouveau public», se réjouit le chanteur.

Frédéric Jambon


«Tri diaoul» par Arvest (L'Oz Production/Coop Breizh)

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