08.07.2010

Fortune. Emotion sur le dancefloor

blog-fortune.gifInterview parue le 8 juillet 2010 en page Musiques du Télégramme

L'électro-pop de Fortune plaît autant en Angleterre qu'en France. Le trio ouvre le cycle de notre série estivale : «Bretagne multisonore». Entretien avec son chanteur, le Morlaisien Lionel Pierres.


Comment présenteriez-vous Fortune à quelqu'un qui ne connaît pas le groupe ?

Fortune est un groupe d'électro-pop, basé à Paris. Pierre et moi venons de Bretagne, respectivement de Châteaulin et Morlaix. Hervé est de Strasbourg. On existe depuis 2007. Nous avons sorti notre premier album au mois de mars : «Staring at the ice melt». On fait quelques dates cet été avant une grosse tournée à la rentrée.

Quel est le rôle de chacun des membres ?

Pierre est aux claviers, Hervé à la batterie et moi au chant, principalement. Du moins en configuration scène. Sinon, Pierre et moi touchons un peu à tous les instruments. Nous passons beaucoup de temps chez nous en version home studio à bosser des morceaux sur ordinateur, tester plein de synthés, faire de nombreuses prises... En concert, un guitariste nous rejoint.

Vous dites que la vocation du groupe est de «faire danser et émouvoir» en même temps. Comment procédez-vous ?

On joue sur les contrastes. Nos compos ont un côté chaud, avec des rythmiques et des grooves issus de la musique black, pour schématiser, associés à des sonorités plus pop, plus rock, aux climats plus froids. Notre plaisir, c'est de mélanger les deux. On dit parfois, pour rigoler, que notre but est de «faire pleurer les gens sur le dancefloor». En fait, on espère que lorsque les gens auront dansé sur un de nos morceaux, ils auront aussi envie de le réécouter une fois rentrés chez eux.

Pourquoi ne chantez-vous qu'en anglais ?

 Notre culture musicale est anglo-saxonne. Petits, on écoutait Michael Jackson, plus tard, ça a été Nirvana puis du hip-hop, américain essentiellement. Il y a des choses qu'on aime beaucoup en musique française, de Gainsbourg à Christophe en passant par Daho. Mais personnellement, depuis que je suis ado, j'ai toujours chanté en anglais. C'est la langue qui correspond le mieux à la musique de Fortune.

Est-ce pour cela que vous tournez beaucoup outre-Manche ?

C'est vrai que depuis l'année dernière, on a joué autant en Angleterre qu'en France : à Londres, en tournée. Tout récemment, nous avons fait un très gros festival, celui de Glastonbury. Il est tellement énorme qu'on était un peu noyé dans la masse. Mais l'expérience a été très chouette et on espère bien y retourner. Nous avons un label en Grande-Bretagne, notre album y est distribué, et nos managers sont anglais. De plus, on a la chance d'avoir un de nos morceaux, «Bully», qui a été synchronisé sur une pub. C'est aussi pour ça que ça marche bien là-bas. C'est le genre de plan qui sert toujours: le seul moyen, clairement, de faire vivre un projet actuellement, parce qu'on ne peut pas compter sur les ventes de disques...

Après Glastonbury, un autre énorme festival vous attend: les Vieilles Charrues, samedi 17 juillet à Carhaix. Le groupe Phoenix auquel vous êtes souvent comparé y joue le même soir. Est-ce votre modèle ?

On aime beaucoup Phoenix, pour sa musique, mais aussi sa carrière. Ils en sont à leur quatrième album et commencent enfin à avoir énormément de succès, grâce à une musique à la fois exigeante et populaire. En cela, c'est effectivement un modèle.

Propos recueillis par Frédéric Jambon

 

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