12.08.2010
Cécile Corbel. "J'ai eu beaucoup de chance"
Interview parue le 12 août 2010 en page Musiques du Télégramme
Avec sa harpe celtique et ses chansons pop-folk pour passeport, Cécile Corbel joue à travers le monde. Après un arrêt prolongé au Japon, elle retrouve sa Bretagne. L'artiste à la voix acidulée et aérienne est l'invitée de notre série estivale hebdomadaire, «Bretagne multisonore».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je suis une chanteuse-troubadour. Je m'accompagne à la harpe celtique. Je ne suis pas une virtuose de l'instrument, mais j'espère faire de jolies chansons avec de jolies mélodies. Mes compositions s'inspirent de ma terre natale, la Bretagne, et plus largement de la culture celtique. Et je joue une musique bien du XXIe siècle.
Votre tournée bretonne commence aujourd'hui. Présenterez-vous le même programme partout ?
Je n'établis le programme avec les musiciens qu'une heure avant de monter sur scène. Si bien qu'il n'y a jamais vraiment deux fois le même concert. Pour la tournée, on jouera des chansons de mes anciens albums, d'autres du futur prévu en 2011, ainsi que de nouveaux morceaux liés au projet japonais.
Comment êtes-vous devenue compositrice et interprète pour le prestigieux studio Ghibli, celui d'Hayao Miyazaki, dont les films d'animation font le tour du monde ?
J'ai eu beaucoup de chance. Je suis très fan de ces films depuis des années. Lorsque je sors un nouvel album, j'établis une liste un peu secrète de gens que j'aime à qui j'envoie un exemplaire. J'y ai ajouté le studio Ghibli auquel j'ai expédié «SongBook vol. 2», comme ça, à l'aveuglette. Première chance, le CD est déjà arrivé à la bonne adresse et, ensuite, sur le bureau du producteur en chef. Il a ouvert l'enveloppe, écouté et aimé. Plus tard, il m'a avoué que d'habitude, il n'écoutait jamais les disques qu'il recevait... J'ai bénéficié de beaucoup d'heureux hasards ! Ma musique collait avec l'atmosphère qu'ils recherchaient pour leur nouveau film : ça a commencé comme ça.
Et comment est-ce que cela a continué ?
Par presque dix mois d'allers-retours entre la France et le Japon avec Simon Caby, qui travaille tout le temps avec moi. Cela a accouché d'un film sorti le 17 juillet dernier au Japon, dont le titre, s'il est traduit littéralement en français, pourrait être «Arrietty la chapardeuse». La production semble heureuse de l'accueil. Les gens ont l'air d'apprécier la musique, on est content. Le film devrait être distribué en France en 2011.
La bande originale est-elle sortie en album ?
Oui. Il y a même deux disques. Un de la B.O. proprement dite, et un autre de chansons, qu'on ne retrouve pas forcément dans le film, mais composées en rapport avec son univers.
Chantez-vous en japonais ?
La plupart des chansons sont en anglais. Lorsque l'équipe m'a proposé d'interpréter la chanson du générique en japonais, je me suis lancée (rires)... C'est une langue très musicale, avec beaucoup de voyelles, agréable à chanter.
Dans vos albums habituels, quelles langues privilégiez-vous ?
L'anglais, le français, un peu de breton, de gaélique. Il m'arrive aussi de faire des incursions dans d'autres pays. Dans mon spectacle, j'ai des chansons en turc et une en espagnol.
Les Japonais vous perçoivent-ils comme bretonne ?
Comme une Française au départ. Mais j'essaie toujours de les amener à la Bretagne. Ils s'y sont intéressés. Une équipe de télévision japonaise est même venue tourner un documentaire en juin. Elle est restée trois jours. Nous sommes allés à Pont-Croix, parce qu'ils voulaient connaître ma ville natale, et aussi à Quimper, Brocéliande et dans les monts d'Arrée. Le reportage vient d'être diffusé au Japon.
Ont-ils conscience de s'adresser à l'artiste qui incarne Anne de Bretagne, dans le rock opéra du même nom ?
Non, je crois que l'histoire d'Anne de Bretagne, c'est un peu loin d'eux (rires). Mais je leur ai raconté l'aventure du spectacle créé par Alan Simon. En novembre, vous donnerez cinq représentations de ce grand spectacle en Bretagne et à Paris.
Dans quel état d'esprit les abordez-vous ?
J'ai hâte d'y être, parce que les deux représentations que nous avons données à Nantes ont créé une super relation entre tous les musiciens. Ce sont des artistes que j'admire. Ils m'ont bien accueillie, moi qui étais la benjamine. En plus, les chansons d'Alan Simon que j'interprète sont vraiment jolies !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
16:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cécile corbel









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