13.08.2010

Status Quo. "Six millions de fans"

Interview parue le 13 août 2010 en dernière page du Télégramme

blog-statusQuo.gifAvec près d'un demi-siècle de carrière et 115 millions d'albums vendus, le groupe anglais StatusQuo demeure l'un des piliers de la scène rock. Demain, il sera à l'affiche du festival Fête du Bruit dans Landerneau. Entretien avec le fondateur du groupe, le chanteur- guitariste Francis Rossi.



Vous jouez en groupe depuis 48 ans. Qu'est-ce qui vous motive encore à monter sur scène ?
La même chose qui me poussait à le faire au début. On ne peut ressentir nulle part ailleurs les sensations qu'on éprouve sur scène. Elles sont vraiment fortes et contradictoires, un drôle de mélange d'anxiété et de frime. C'est encore plus important pour moi de donner des concerts que lorsque j'étais jeune. De toute façon, je ne sais pas faire autre chose et je n'en ai pas envie. À la fin d'un show, je vais dans le bus de la tournée et, dans l'heure qui suit, je me remets à jouer de la guitare.

Après un rapide passage psychédélique, Status Quo a adopté, dans les années 1970, un boogie-rock puissant et y est resté fidèle...
Au départ, on était un groupe de rock. Vers 1966, les goûts avaient changé, j'ai fait un single plutôt psychédélique qui a marché. Des gens du business nous ont alors pris en main en nous disant ce qu'on devait jouer, les vêtements qu'on devait porter... Jusqu'à ce que le groupe perde sa popularité et que ces personnes-là disparaissent. Nous, ce que nous voulions, c'était donner des concerts. Alors on a procédé à un gros «soundcheck», en jouant ce qui nous plaisait et on s'est dit que si on faisait ça sur scène, ce serait vraiment bien. C'est ce qu'on a fait et c'est cette façon de jouer qui nous a conduits jusqu'à aujourd'hui.

Comment qualifiez-vous le style du groupe?
Je ne le qualifie pas. Il y a des gens qui disent que c'est de la merde. Je ne sais pas : c'est du Status Quo, détesté par certains, aimé par d'autres. Moi, je me situe quelque part au milieu.

Status Quo a su résister à toutes les modes du rock. Était-ce parce que votre musique était assez solide pour demeurer hermétique aux influences ?
Je ne dirais pas ça parce que, si on jette un oeil sur notre carrière, on voit des évolutions. Il y a eu les moments où on a introduit des synthés, où on a alourdi la rythmique... C'est inévitable. Regardez les Stones, comme je l'ai toujours fait, parce qu'ils sont plus vieux que nous. D'ailleurs, j'aime bien appeler Jagger oncle Mick ! On repère les marques du temps sur leur musique. Un groupe essaie toujours de s'améliorer. Mais ce qui est sûr pour nous, c'est que chaque fois que nous nous sommes éloignés de nos fondamentaux, nous y sommes invariablement revenus. Ça fait plaisir aux six millions de fans que Status Quo compte à travers le monde. Les autres s'en fichent mais ça nous est égal!

Qu'allez-vous jouer à Landerneau ?
La même chose que dans tous les festivals. Je ne dis pas quoi. Sinon qu'on ouvre le concert sur «Caroline», qu'il y a aussi «Down down».

Qu'écoutez-vous à la maison ?
Je joue plus que je n'écoute de musique. Mon groupe actuel préféré, c'est Muse. Leur musique est phénoménale ! C'est ce qu'il y a eu de mieux depuis 25ans ! En plus, ils aiment Status Quo, ça aide. Sinon, j'écoute Pavarotti, de l'opéra italien. Mon père en chantait beaucoup. Lorsque j'entends une aria, je me sens à la maison. La musique est intéressante quand elle a un effet sur nous. Peu importe lequel, l'important, c'est qu'il existe !

Propos recueillis par Frédéric Jambon

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