17.11.2010
Soprano. "Il faut casser les clichés"
Interview parue le 17 novembre 2010 en dernière page du Télégramme
Avec le succès de son deuxième album, «La Colombe», Soprano prouve que le rap sensible sait aussi toucher un vaste public. Le Marseillais d'origine comorienne joue demain à Nantes et samedi à Landerneau (29).
Sorti le mois dernier, votre album «LaColombe» s'est déjà vendu à plus de 100.000 exemplaires, tandis que votre tournée nationale affiche complet presque partout. Osiez-vous espérer un tel accueil?
J'en rêvais, parce que mon album précédent avait bien marché, ceux avec mon groupe Psy 4 de la Rime aussi. Je me disais que les gens qui me soutiennent depuis tant d'années seraient peut-être encore là. Mais je ne m'attendais pas à ça.
Est-ce parce que votre CD est plus qu'un disque de rap français?
Mes thèmes peuvent toucher tout le monde. Quelqu'un qui n'écoute pas de rap peut se reconnaître dans certains morceaux. Dans les concerts, je vois des spectateurs jeunes mais aussi beaucoup d'adultes venus avec leurs enfants. Ils sont sensibles à des morceaux comme «Château de sable», où je parle du divorce, ou à «Je serai là», parce que j'y parle de ma mère, de ma femme et de ma fille. Il n'y a pas de tranche d'âge. Cela prouve bien que le rap ne parle pas qu'aux jeunes.
L'ouverture est aussi présente dans votre musique, qui peut être pop, world, electro...
Ce sont des influences que j'ai depuis que je suis tout petit. Je suis un super fan d'Eminem mais la deuxième personnalité que j'adore, c'est DanielBalavoine. Après, ça part vers Bob Marley, Michael Jackson, Tiken Jah Fakoly, Muse, Black Eyed Peas... Mes goûts se ressentent dans ma musique.
Vous ne vous mettez aucune barrière?
Non, je fais de la musique justement pour être libre. Il faut casser les clichés. J'essaie d'être honnête, de faire des concerts tels que je les ressens, de façon à pouvoir continuer à me regarder dans la glace.
Votre chanson «Crazy» remporte un beau succès, notamment auprès des ados. Est-ce à eux que vous la dédiez?
À eux, et surtout à mes petits frères. J'ai écrit la chanson en les observant, en rentrant un peu dans leur délire avec leurs téléphones, Facebook, Twitter, BlackBerry et tout ça. Ils passent leur temps à chercher ce qui se passe chez les starspeople. Je leur disais: vous êtes une génération crazy, complètement dingue! Et on a tellement rigolé qu'en fin de compte, j'ai gardé le morceau.
Vous sentez-vous le porte-parole de cette génération?
Pas le porte-parole, plutôt le reflet. Je suis comme ces jeunes-là. Je rappe ce qu'ils pensent au fond de leur chambre. J'ai la chance de pouvoir m'exprimer, alors j'en profite aussi pour crier tout ce que je trouve injuste ou pas normal.
À côté de morceaux festifs, comme «Darwa», votre nouvel album exprime de la mélancolie, de la tristesse mais jamais de haine. Parce que l'espoir l'emporte?
La pochette montre deux barres dessinées sur mon visage: ce sont des insignes de guerre mais de guerre pour la paix! Je me sens obligé d'écrire ce qui ne va pas pour pointer ce qu'il faut améliorer et faire avancer. J'aime les morceaux comme «Darwa» parce que je sais que je vais me régaler sur scène avec eux. Mais ce sont les textes conscients que je préfère.
Vous êtes Marseillais, fan de foot et très proche de l'OM. Que pensez-vous de la place de leader de Brest?
Pas de problème. Et vous savez pourquoi? Parce que le gardien de but de Brest, Steeve Elana, c'est mon meilleur ami! C'est un Marseillais. Nous étions à l'école ensemble.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
20:23 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soprano









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