07.04.2011

Didier Squiban. "Adarre"

Blog-Squiban.gifDans "Adarre, Didier Squiban offre une lecture nouvelle de quelques-unes de ses grandes pièces de piano solo, «colorisées» par les percussions de Jérôme Kerihuel.


Les morceaux d'«Adarre» ont connu une première vie dans différents albums de Didier Squiban: «Concert Lorient», «Ballades», «Rozbras», «Tournées des chapelles» et «Song for Armel». Le pianiste virtuose, émule de Keith Jarrett et de Bill Evans, nourri de musique bretonne, celtique et classique, a souhaité «leur donner une autre couleur», explique-t-il.
Mais comment procéder, sans alourdir ces suites déjà complètes et équilibrées, où la main gauche assure une section rythmique entière, tandis que la droite joue les mélodies ? Didier Squiban a trouvé la réponse en se tournant vers un de ses complices réguliers depuis cinq ans : le percussionniste Jérôme Kerihuel. Partenaire de ses tournées des chapelles estivales, présent sur les albums «L'estran» et «Concert Mexico», il connaît bien l'univers du pianiste.
Les deux musiciens ont procédé à une sélection commune de titres. Puis, ça a été à Jérôme de jouer. Il privilégie les tablas, qu'il étudie depuis quinze ans avec un maître en Inde du Nord, utilisant également kalimba, udu, kanjira, clochettes, cymbales et gongs. Jouant en direct sur les enregistrements, il a souligné leurs humeurs, approfondi leurs contrastes, éclairé leurs reliefs, offrant une écoute neuve d'improvisations et de thèmes à dominante bretonne.

Univers flottants

L'album commence avec «Angelus». «C'est un très beau cantique breton, admire Didier Squiban. Au fil du morceau, je conserve le même air mais, simplement en modifiant le rythme, j'en fais une gavotte !»

Pour un percussionniste, est-ce plus facile de s'immiscer dans un air de danses ? «Pas forcément, répond Jérôme Kerihuel. J'aime aussi les univers flottants, ceux où je peux installer des climats en agissant sur les couleurs. Et le bonheur, avec la musique de Didier, c'est qu'elle est justement riche d'ambiances et de couleurs.»

Dans «Bangor», sa composition du disque la plus ancienne, le pianiste met le cap sur l'Écosse. «An dro an douar» transporte l'auditeur plus loin encore, avec l'intégration d'un thème indonésien et d'un thème chinois, que l'artiste a collectés au cours de ses tournées au bout du monde.

Retour dans nos eaux avec «Enez Eusa» et «Mer d'Iroise» où Jérôme Kerihuel introduit un chant rythmique indien. Idem d'ailleurs dans le onzième et dernier morceau, «Beg an Truc», seule composition du percussionniste. Sonnant très différemment du reste de l'album, elle ouvre d'autres horizons aux collaborations à venir du duo.

Après des dates à l'étranger (Égypte, Suisse, Finlande, Allemagne, Italie, Ouzbekhistan...), Didier Squiban et Jérôme Kerihuel présenteront le répertoire d'«Adarre» cet été en Bretagne lors d'une nouvelle tournée des chapelles.

L'album est dédié au Molénais Robert Masson, aujourd'hui décédé, à qui Didier Squiban avait demandé comment traduire «Bis» en breton. Réponse : «Adarre». Les spectateurs le crieront spontanément pour obtenir des rappels !

Frédéric Jambon


«Adarre» de Didier Squiban & Jérôme Kerihuel (L'Oz Production).

Commentaires

Merci pour cet article, je souhaite relire vos articles bientôt.

Écrit par : demenageur | 27.10.2011

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