19.05.2011

Ben Harper. Give till it's gone

GIF-Harper.gifInterview parue le 19 mai 2011 dans la page Musiques du Télégramme

Pop-soul, rock psyché, rythm'n blues... Les onze chansons de l'album «Give till it's gone» (Virgin) révèlent un Ben Harper positif, au sommet de son art de mélodiste et de chanteur.


 

Cette fois, votre nom n'est pas associé à celui d'un groupe. Parce que «Give till it's gone» est un album très personnel ?

 

Tous mes albums sont personnels, seulement j'en ai fait qui étaient plus orientés sur un son de groupe : un avec les Innoncent Criminals en 2008, un avec Relentless7 en 2009, et un autre avec mon troisième band, Fistful of Mercy, en 2010. Cette fois, j'ai pensé qu'il était temps que je fasse un album solo.

 

Selon vous, laquelle de vos chansons est la plus représentative du nouvel album ?

 

Je pense que c'est une compilation de «Spilling Faith» et de «Get them from here».

 

Deux titres psychédéliques et dans la mouvance des Beatles. Est-ce la marque de Ringo Starr, batteur sur ces deux morceaux ?

 

Nous les avons écrits ensemble avec Ringo, qui était justement un membre des Beatles... Voilà pourquoi la chanson «Spilling Faith» sonne comme cela. Ça a été génial de pouvoir travailler avec lui : j'ai eu le sentiment d'être le musicien le plus chanceux de la planète !

 

Votre album propose aussi des chansons bien rock, comme «Rock'n roll is free». Comment Neil Young vous l'a-t-il inspirée ?

 

L'été 2009, nous avons fait sa première partie à Hyde Park, à Londres. Et je dois dire que son concert a été le show le plus remarquable que j'aie jamais vu de toute ma vie. Alors qu'il chantait «Keep on rockin' in the free world», les mots «rock» et «free» se sont mis à tourner dans ma tête pour donner «Rock is free». Et tout en regardant Neil Young jouer depuis le côté de la scène, j'ai pris un carnet et écrit d'un jet ma chanson. Je n'ai plus rien changé depuis ce soir-là.

 

Vous dites avoir façonné un son nouveau dans votre dernier album. Comment vous y êtes-vous pris ?

 

En écartant les frontières et en faisant des expérimentations, tout en veillant à demeurer dans les limites du bon goût.

 

Lorsqu'on atteint le stade du dixième album-studio, est-ce plus facile de créer ? La motivation est-elle toujours là ?

 

C'est aussi mystérieux, aussi excitant et aussi épanouissant que pour les autres. Je n'ai pas à rechercher la motivation, parce qu'elle ne me quitte jamais. J'ai 41 ans. Depuis mes 23 ans, j'écris tous les jours. C'est un challenge quotidien, et je serais incapable de dire de quand date telle ou telle chose.

 

Vous êtes également passionné de skateboard, que vous pratiquez plusieurs heures par jour. Y a-t-il des points communs avec la musique ? Et laquelle des deux disciplines est la plus risquée ?

 

Oui, il y a vraiment des connections, surtout avec la pratique de la guitare slide. Je pense que côté risques, c'est pareil. Il faut beaucoup de concentration pour ne pas tomber en skate. Mais chaque concert représente également un nouveau risque. L'expérience n'y fait rien : je suis nerveux à chaque fois que je monte sur scène.

Propos recueillis par Frédéric Jambon

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