03.11.2011

Yann Tiersen. "Skyline"

GIF-Tiersen.gifInterview parue le 3 novembre 2011 dans la page" Musiques" du Télégramme

Depuis la sortie de «La valse des monstres» en 1995, YannTiersen construit une oeuvre musicale singulière, très variée, hors mode et actuelle. Le Breton livre un quatorzième album, l'intense «Skyline» (Mute).Présentations.


Une seule année sépare «Skyline» de votre précédent album, «Dust Lane». Est-ce son prolongement ?

 

Un peu, mais c'est d'abord un album à part entière. S'il fallait faire un parallèle entre les deux, on pourrait dire que «Dust Lane» est plus tourné vers la terre, tandis que l'autre a plus les yeux levés. «Skyline» est un album positif. Mais la musique est abstraite, ce ne sont que des sons mis ensemble. L'auditeur est libre d'imaginer ce qu'il veut, c'est ce que j'aime.

 

Avez-vous procédé à des expérimentations dans «Skyline» ?

 

J'ai utilisé des vieux synthés et j'ai beaucoup travaillé sur les textures de voix, les effets. Je chante pas mal sur l'album, dans des morceaux comme «I'm Gonna Live Anyhow» ou «Monuments», par exemple.

 

Vous chantez, mais on n'est pas ici dans le registre de la chanson traditionnelle avec couplet-refrain...

 

Non, je me sens plus à l'aise s'il n'y a pas de format. J'aime bien les phrases qui sonnent un peu comme des slogans, ça me correspond plus.

 

Comment avez-vous composé les morceaux de «Skyline» ?

 

Je ne fais jamais de maquette. Je cherche des idées à la guitare la plupart du temps. Ensuite, je rajoute des instruments, des textures sonores, des couches. J'en enlève, j'en garde, et le morceau se construit comme ça, des fois juste à partir de deux ou trois accords. Il n'y a pas d'intention précise au départ, mais à un moment, je sens que c'est fini, qu'il ne faut plus toucher à rien.

 

Vous proposez à l'auditeur une matière sonore d'une étonnante richesse, en utilisant de nombreux instruments. Avez-vous une prédilection pour certains ?

 

J'ai utilisé encore plus de synthés analogiques que dans «Dust Lane». Mais les instruments -et d'ailleurs pas uniquement les instruments de musique - ne servent qu'à émettre des sons. J'adore élargir le spectre. Plus ça va, plus je me sens libre d'inclure des éléments nouveaux.

 

Dans «Skyline», les ambiances peuvent être vaporeuses, hypnotiques, tribales...

 

Je ne sais pas, je n'ai pas assez de recul sur le disque. Je vais où le morceau me conduit. Par exemple, pour «Exit 25 BLock 20», j'avais un début gentil, trop calme. Ça m'a énervé, du coup je me suis mis à crier, aboyer même, et ça a emmené le morceau ailleurs ! Ça l'a débloqué. On le joue sur scène ! C'est le dernier du set (rires).

 

Où avez-vous enregistré l'album ?

 

À Ouessant pour tout ce qui est acoustique, à Paris pour l'électrique, et à San Francisco pour une partie des voix.

Propos recueillis par Frédéric Jambon

Commentaires

Ca fait plaisir de lire de telle interview. Merci encore et bonne continuation avec ce blog ;-)

Écrit par : conseils beauté | 17.11.2011

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