15.12.2011
Les Goristes. Le plus gros est fait !
Article paru le 15 décembre 2011 dans la page Musiques du Télégramme
Les Goristes sortent un album tous les deux ans. La nouvelle production des chansonniers ripailleurs brestois arrive. «Le plus gros est fait ! » (Keltia Musique) contient treize chansons et une fable à déguster goulument, à domicile et en spectacle.
Et d'abord, quelques chiffres pour mesurer l'ampleur des phénomènes. Les Goristes s'apprêtent à fêter leurs vingt ans d'existence, ont vendu un total de 77.000 exemplaires de leurs albums précédents, composé deux bonnes centaines de chansons, énervé moult puissants, et fait se gondoler le reste de la population de Bretagne et d'ailleurs avec leur verve chansonnière.
Fidèle à son rythme d'un nouveau disque tous les deux ans, la bande des huit livre son neuvième album, «Le plus gros est fait !». C'est aussi le titre d'une des chansons du disque au refrain entraînant : «In vino veritas, un p'tit rouge bien tassé, remets-nous vite une tasse, on est assez pressé».
Serait-ce une apologie de la cuite ? «Pas du tout !», s'insurge Jean-Paul Ferrec, dont le costume de scène porte la lettre T. «Christian Desnos (le G, ndlr), notre reporter en chef dans les bistros, a recueilli des phrases magiques entendues dans ces hauts lieux de convivialité, dramatiquement en danger. Il en a pris quelques-unes et a consacré un coupletà chacune. »
Les Goristes n'hésitent pas à faire résonner dans leurs polyphonies mâles des réflexions d'anonymes. Comme celles des dames aux langues bien pendues de la chanson «Café commère». Nos sympathiques Brestoises y commentent avec leur esprit piquant le programme qui attend leur ville en 2012 : tramway, fêtes de juillet, visite du nouveau président de la République...
«Il sera bien obligé de venir inaugurer les Tonnere de Brest», pronostique Jean-Paul Ferrec. L'avenir dira s'il faisait partie des personnages politiques qui en prennent pour leur grade dans la chanson «Ça fait longtemps».
Une que les Goristes invitent volontiers dans la cité du Ponant, c'est Mme Bettencourt. Un peu intéressés, quand même : «Liliane, donne-nous des sous». En écoutant le désert qu'est devenue «Brest, la nuit», difficile de savoir où ils se feront offrir leur dîner nocturne...
«Médicaments» s'inspire également de l'actualité. « Ça nous révolte qu'on puisse vendre des louzous qui provoquent la mort des gens pour le business», s'indigne Jean-Paul Ferrec.
Heureusement, si les Goristes ont des récréminations, ils ont aussi des solutions ! Comme faire «La sieste», jouer à la wii («La wii est belle»), voire danser «Le Put in my Nose».
Nos fringants sexagénaires ont aussi le sens de l'anticipation. Dans «On arrive», ils dressent au directeur d'une maison de retraite le jubilatoire catalogue de leurs attentes. «Pour dans vingt ans! », précise Jean-Paul Ferrec.
Frédéric Jambon
13:37 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : goristes, brest, chansonniers









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