| Au terme d'une résidence sur place, vous allez donner deux concerts à l'Archipel de Fouesnant. Qu'allez-vous interpréter ? Le concert se découpe en deux parties. Dans la première, je joue en trio mon premier album qui a bénéficié d'une production, «La Fossette», en intégralité et dans l'ordre. En essayant de garder l'esprit de ce disque, épuré, minimal. La seconde partie est en rupture. Elle est consacrée aux chansons de mon nouveau disque, qui sortira en mars. On est alors dix sur scène : un quintette à vent et le groupe électrique qui vient se greffer sur les arrangements qu'a réalisés David Euverte, le clavier avec lequel je bosse sur scène depuis sept ans. Quel est le titre de votre nouvel album ? Il s'appellera «Vers les lueurs». Parce que je me suis rendu compte que les thèmes de la lumière et du regard apparaissent souvent dans les chansons. Vous venez de ressortir des versions remasterisées de vos huit albums-studio, en double CD chacun, avec des inédits. Pour répondre à quelle envie ? L'anniversaire des vingt ans depuis «La Fossette» a fourni un bon alibi pour le faire. Il me permet de remettre ces disques en évidence. Pour moi, c'est important que le travail en cours soit soutenu par ce qui a déjà été fait. Je bosse mieux en sentant qu'il y a quelque chose derrière. Tous ces albums font partie de mon histoire. Ils correspondent à des périodes. Avez-vous un préféré dans le lot ? J'aime bien le premier, les deux derniers aussi, «L'Horizon» et «La Musique». Parce que je les trouve réussis, chacun dans leur genre, par rapport aux ambitions de départ. Mais je jette un regard plutôt bienveillant sur tous ces disques. À chaque fois, on a essayé de bien faire les choses. Il n'y a pas de mouton noir. Même le quatrième, «Remué», qui me ramène à des expériences un peu douloureuses dans ma vie, a été finalement un bon exutoire. Vous avez souvent donné l'impression de composer un album en réaction au précédent... Tout à fait. «La Musique» était à dominante électronique, et fait en solitaire. «Vers les lueurs» est organique et collectif. Après un album, j'ai toujours envie d'essayer l'autre côté du spectre. Ce n'est pas un reniement ! J'ai l'impression de faire la même chanson depuis le début, mais en l'habillant différemment. On distingue souvent, dans l'évolution de la chanson française, un avant et un après Dominique A. Vous confirmez ? Absolument (grand rire) ! Non, je plaisante. Mais ça me fait vraiment plaisir lorsque j'entends ça. Si mon histoire ne passe pas par un gros succès public, qu'au moins l'on m'accorde une petite importance ! Personnellement, j'ai l'impression d'avoir fait partie d'un mouvement. On en avait marre de la surproduction des années 80. On souhaitait remettre la chanson au centre du truc. Ma chance a été que, sur mon premier disque, il y avait «Le courage des oiseaux», qui est devenue une chanson de référence. Propos recueillis par Frédéric Jambon |
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